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Les contributions des professionnels |
Pour cette rubrique nous invitons des professionnels pour une
interview où ils voudront bien nous communiquer |
vos remarques: joop
stoop
LES « SECRETS DE CUISINE » DES ENCRES.![]() cliquez ici |
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Si lencre en général (ou faudrait-il dire les encres ?) continue à jouer un rôle prépondérant dans la vie de chacun et ce partout dans le monde, nous ne soupçonnons guère à quelle gamme de qualifications souvent contradictoires doivent répondre ces « colorants ». Pourtant, contrairement aux techniciens de la peinture, le fabricant dencre ne trouve aucune école pour le préparer à sa tâche. ![]() cliquez ici Nombreux sont les clients qui nous demandent si nous vendons des couleurs, ou même des peintures. Dautres viennent chercher des encres pour les utiliser comme peinture. Constatons que lencre dimprimerie est essentiellement destinée à transmettre les intentions du créateur par lintermédiaire dun support et que le résultat final donnera lieu en général à des séries (autrement dit : des multiples). ![]() cliquez ici Le procédé de limprimerie continue à exercer sa magie sans relâche, mais les taille-douciers et les lithographes deviennent des anachronismes dans un monde de vitesse et de productions en masse. Les fabriques dencre ont réalisé des prouesses techniques inimaginables depuis les broyeurs de pigments et les alchimistes des vernis et liants à base dhuile naturelle cuits plus ou moins intensément. Mais cela au détriment de la place quoccupent les encres dartiste à lancienne. ![]() cliquez ici Même si la part des encres « dartiste » est infime comparée à loffset, et a fortiori à toutes les techniques dimprimante, elles ont su se maintenir et répondent aujourdhui aux exigences modernes et rigoureuses décologie, de protection de lutilisateur, ainsi quà des critères de résistance à la lumière, de conservation, de surimpression et de suivi fiable dans la production. Grosso modo, les artistes connaissent trois types dimprimerie: la taille dépargne, la taille-douce et limpression planographique; la litho fait partie de cette dernière technique. Ici le jeu entre leau et les éléments gras décide de limage imprimée sans quil soit question de taille proprement dite (le tout se passe au même niveau). Plus que dans les autres techniques la surimpression se pratique, parfois de façon exagérée (plus dune douzaine !). Par contre la technique est moins exigeante quant à la présence de siccatifs. Notons en passant que les encres destinées à la taille-douce, aussi bien que les encres lithographiques sutilisent pour la gravure sur bois et la lino (pour autant que taille dépargne). Lencre lithographique est en général, fortement concentrée, poisseuse, hydrophobe et réfractaire aux acides. Les encres offset actuellement utilisées sont des encres lithographiques réajustées, caractérisées entre autre par une viscosité et une pigmentation largement réduites. ![]() cliquez ici Admettons quaujourdhui vous parcouriez la littérature ancienne, à la recherche des vieilles préparations : vous remarqueriez que, jadis, on utilisait beaucoup de pigments minéraux pour composer les encres lithographiques (le jaune de chrome, le jaune de cadmium, lorange molybdène, les bleus acier, etc.). Il sagissait de pigments chargés de métaux lourds qui étaient caractérisés par une pigmentation minimale et par un manque de luminosité et de puissance couvrante. Actuellement, les pigments organiques modernes ont un pouvoir couvrant bien supérieur à ceux davant. Ils offrent une gamme plus large de couleurs et sont plus résistants à la lumière et plus transparents. Mais, par dessus tout, les pigments modernes que nous utilisons sont plus sûrs pour la santé et menacent beaucoup moins lenvironnement. Le secret de notre encre est dû à lattention particulière que nous apportons à la cuisson des vernis. La plus sérieuse difficulté est de réussir la cuisson dun vernis fort très poisseux. Une fois associé au pigment, ce vernis doit donner un rapport eau/encre équilibré sans provoquer démulsion. Les vernis lithographiques font partie des liants communs à la fabrication de tout type dencre à base dhuile. Ce sont des huiles naturelles qui forment la base de nos vernis: les huiles de lin et de soja sont mélangées à des résines modernes. Les températures de cuisson des huiles oscillent entre 200 et 300 degrés celcius. Un faible vernis nécessite une heure de cuisson, alors quun vernis fort demande trois heures. Les pigments que nous utilisons sont moulus 2 fois. Il faut parfois même moudre certaines couleurs trois fois pour atteindre une finesse de broyage inférieure à 10 mu. Comme mentionné plus haut, nous nutilisons que des pigments dont la résistance à la lumière est optimale. Celle-ci est traduite sur une « échelle de laine » allant de 1 à 8, 8 indiquant la plus haute résistance. Nous avons bénificié de laide dun chef de laboratoire dun des plus grands fabricants dencre du monde qui a transformé les formules anciennes afin de les adapter aux technologies modernes. La palette de couleurs obtenue, est en majeure partie dérivée de celle quutilisent les artistes peintres et les aquarellistes. Les couleurs de terre forment une difficulté à part : les pigments naturels peuvent endommager sérieusement les broyeurs modernes qui sont des machines de grande performance et précision, conçues pour les peintures et .le chocolat (broyeuse tricylindrique). Autrefois, des moulins à vent spécialisés, bien moins vulnérables, fournissaient ces éléments. On doit accepter que les grandes usines dencre dimprimerie de toutes sortes ne peuvent plus faire face à ce problème spécifique aux encres dartiste vue la part négligeable du marché dans la production totale. ![]() cliquez ici Nos produits sont contrôlés par une équipe hautement qualifiée; sept préparateurs spécialement formés travaillent dans un laboratoire ultramoderne. Ils assurent les contrôles dentrée sur les matériaux achetés, tout comme ils se portent garants des contrôles de sortie des encres. Ce la signifie que chaque fabrication de notre encre subit les contrôles suivants: couleur, pigmentation, adhérance, viscosité, piquetage et dautres propriétés rhéologiques. Ainsi sont garantis : - qualité et couleur constante . . . . enfin, tout pour que, du côté encre, nos artistes aient une vie de créateur sans soucis. ![]() cliquez ici |
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LIMPRIMEUR LITHOGRAPHE,Ce premier text contient les propos recueillis par la rédaction dun chevronné de lart de limpression de la litho. Ce texte se veut un hommage à ces personnages-clés, à notre avis souvent pas assez mis en lumière.entretien avec un chevronné du métier.![]() Hostrup-Pedersen & Johansen / DK-2500 Valby ![]() Hostrup-Pedersen & Johansen / DK-2500 Valby ![]() lAtelier Pousse Caillou, lithographie ![]() Steindruckerei H. Fritz + P. Kunz / Ch. Zürich, élévateur à pierres |
Limprimeur en lithographie a
quelquechose du magicien; dailleurs il en est conscient avec toute la
modestie due à son art. Lambiance est enivrante dans le vieil atelier parisien: les odeurs dencre, le suspense après les dernières corrections sur la pierre à même la presse sous la direction de lartiste en pleine douleur daccouchement. Est-ce que le tirage va être à la hauteur des attentes? Les attentes de qui, de lartiste qui vient de créer, ou de limprimeur qui est pas moins lui-même créateur? Quest-ce qui fait que ces endroits comme on nen trouve guère ailleurs quà Paris respirent cet air sacré? Et cela depuis la naissance du médium issu presque par hasard de désirs plutôt utilitaires à la veille du miracle industriel, il y a deux cents ans. On le sait: dans les plus anciens des ateliers qui subsistent aujourdhui on nimprimait pas que de lart, mais des partitions de musique, les livres de comptes, beaucoup détiquettes, souvent pour des bouteilles à vin, des publicités, des affiches, des listes de paye, mais aussi des illustrations: la production en masse rendue possible grace au miracle de la pierre. Un siècle plus tard, les bêtes à cornes cèdent petit à petit ce travail de journalier à but commercial à des techniques plus efficaces pour devenir, elles, les outils respectueux dune expression purement artistique. Cependant, les techniques acquises restent, se perfectionnent et sadaptent, poussées par des besoins de trouver de nouvelles voies pour des artistes et éditeurs toujours plus exigeants, en outre stimulés par des acquéreurs destampes de plus en plus nombreux. Jusquà nos jours les techniciens sont restés fidèles à leur art et à leurs postes. Et maintenant ce sont eux qui nous témoignent des grandeurs de lépoque où jusquaux plus célèbres des créateurs de notre siècle défilaient en quête de moyens dexpression qui les intriguaient. Artiste et imprimeur font équipe dune façon unique et inconnue dans dautres domaines artistiques. Il y a le peintre de grande renommée qui passe son esquisse furtivement griffonnée au lithographe coloriste qui en prend soin à part entrière pour ne réapparaître, lui, que pour poser son auguste signature sur le résultat final. Mais aussi lartiste en plein combat avec la matière puisquil a voulu mettre la main à la pâte lui-même en expérimentant cette alchimie. Et entre ces deux extrèmes il y a la multitude de ceux qui passent des semaines, voire des mois en étroite collaboration sur place. On choisit, parfois à laide de maintes épreuves détat, les papiers, les encres, on saventure dans des superpositions pas toujours calculables davance, on brûle, gratte, fait des rajouts qui tiennent tant bien que mal, respecte surtout certains effets précieux obtenus par pur hasard pour en arriver enfin au bon à tirer et laisser la production proprement dite à limprimeur lithographe qui soccupe en général du nouveau-né avec un amour parental. Il y a dautres domaines artistiques où le créateur dépend en partie du savoir-faire et des connaissances techniques de ceux qui sont chargés de la production finale (le bronze, la gravure, larchitecture en sont des exemples). En lithographie la collaboration tient dans la plupart des cas de ce que joserais appeler un mariage. La main de lartiste est discrètement, mais infailliblement aidée par lhomme qui sait comment arriver à ce quil a compris être lobjectif du créateur: un rôle qui exige beaucoup de subtilité, une compréhension de lautre et une expérience de longue durée du métier et des caprices des grands. Il est impensable quun imprimeur ne connaisse pas les circonstances dans lesquelles son art a vu le jour, inventé plus ou moins par erreur de calcul (en 1798 Senefelder avait cru pouvoir brûler les parties non dessinées sur la surface dune pierre pour arriver à une image en relief, permettant ainsi de limprimer). Il sait que la pierre est un support vivant dune grande sensibilité et vulnérable. Il prévoit linteraction entre le papier et lencre, mais il reste chaque fois ouvert à lémerveillement causé par des effets insoupçonnés. Même si beaucoup dartistes se voient obligés aujourdhui de remplacer lacte passionnément archaique et voluptueux quest le dessin en direct sur la surface dune pierre en passant par film et zinc, toute la cuisine artistique de limpression reste. Et la race à part que formaient ces invétérés manipulateurs de pierres continue à passer son savoir-faire à des jeunes, moins nombreux, hélas, mais aussi passionnés. Eux doivent à tout prix sévertuer à ne pas perdre lacquis inestimable, cette écriture sur pierre dont Paris a été le berceau, lieu où continuent à affluer les artistes du monde entier pour réaliser leurs fantasmes lithographiques. |
UNE PRESSE TAILLE-DOUCE EN PLEIN ÉTÉ ESPAGNOL(ou la genèse dun recueil collectif)Par: (auteur) |
Cette fois nous publions
très volontiers la contribution de Noa, fille de Lucebert que nous avons
interviewée sur son projet dété autour dune
presse taille-douce.
Cest autour du peintre/poète néerlandais Lucebert, disparu en 1995, membre du groupe COBRA, que sest déroulé lété dernier une rencontre artistique peu banale. Loeuvre poétique de cet artiste polyvalant était le centre dintérêt de lentreprise. Huit artistes, néerlandais et espagnols, se sont réunis à Javea en Espagne, où Noa Swaanswijk, fille de Lucebert continue à animer latelier que son père y a fait vivre pendant plus dun quart de siècle Chacun des artistes invités à participer à cette rencontre avait choisi un poème(traduit pour loccasion du néerlandais en espagnol) et sétait laissé inspirer pour réaliser une gravure en rapport avec loeuvre sélectionnée parmi les dernières poésies de Lucebert. On disposait sur place dune presse taille-douce et de tous les autres éléments nécessaires pour laisser sévoluer ces oeuvres selon linspiration personnelle, les résultats des épreuves et les échanges entre les membres du groupe. Cest ainsi que sest constitué un coffret contenant les poèmes choisis, imprimés au plomb en deux langues et une gravure par texte, une belle unité qui a été déjà lobjet dune série dexpositions/vente en Espagne et au Pays-Bas, et les résultats montrent que, même économiquement, lentreprise était un succès. Cependant, ce qui mérite beaucoup plus lattention que nous y consacrons ici, cest que léchange entre les participants na pas manqué à avoir son effet de synergie. Déposer ses bons-à-tirer chez un imprimeur est une chose. Voir sévoluer des artistes, tous des professionnels en arts plastiques, qui navaient jamais fait de la gravure - cetait une expérience extrêmement enrichissante. Le temps ne pressait pas trop, en tout cas au début de lentreprise; les esprits finissaient par converger suffisamment tout en respectant le caractère spécifique de chacun des créateurs. Et dans cette ambiance de vacances productives à un endroit authentique, sans polution touristique (il semble que cela existe encore) les membres du groupe ont développé bien dautres activités dans le domaine des arts plastiques. Cest ainsi quun nombre considérable de peitures, sculptures, etc. sest ajouté à la production initialement planifiée. On avait même monté un musée éphémère qui restera certainement vivant dans la mémoire des villageois. Il nous paraît que cette expérience pourrait inspirer dautres initiatives de la sorte. Le groupe hollando-espagnol nexclut pas une nouvelle expérience, cette fois basée sur une liaison à établir entre expression musicale et arts plastiques. Il est entendu que, cette fois encore, le groupe ne veut point faire appel à des fonds publics ou à des mécènes. Nous sommes dopinion quun atelier à un site authentique et inspirant, équipé dune ou plusieures presses, gérées par un imprimeur de bon niveau professionnel pourra produire dautres merveilles. Il suffit dun peu de fantaisie pour faire vive, si ce nest que temporairement, ces endroits où cela se passe. Idées à retenir: * un projet économiquement autonome. La vente par inscription préalable a couvert déjà la majeure partie des frais. Ensuite lécoulement des portefolios représene un gain net pour tous les participants. * ce genre dévénements artistiques rayonne et en déclenche dautres, il établit des rapports inestimables, non seulement entre les participants (de différentes nationalités) mais aussi, et de façon très cordiale, avec la population locale. * le portefolio commun, une tradition de longue date dans les ateliers dart graphique aux Pays-Bas, ouvre la voie vers des publics plus divers et plus importants. Les graveurs se serrent les coudes pour le plus grand bien de leur art. * la figure centrale dun grand artiste (y compris les liens avec ses lieux de création) perpétue ses messages, même après sa disparition, à condition que des artistes sincères y travaillent avec toute leur âme. |
L'Héliogravure au |
fois nous publions très volontiers la contribution de Jean-Daniel LEMOINE sur ses expériences avec lhéliogravure, technique qui marie dune façon très heureuse lancien et le moderne. |
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L'Héliogravure est un
procédé de reproduction qui est à mi-chemin entre la
photographie et la gravure : le cliché est en effet
transféré sur une plaque de cuivre qui sera imprimée en
technique de gravure taille-douce. De la technique gravure,
l'héliogravure utilise aussi celle de l'aquatinte, à savoir des
creux (tailles) à profondeur variable donnant les nuances de gris et
aussi le grain de résine qui va permettre, après encrage,
l'essuyage superficiel de la planche. Dans une période où la vulgarisation des moyens de reproduction banalise l'image et sature notre regard, il semble que les procédés photographiques anciens, tels l'héliogravure au grain, soient promis à un bel avenir. Aux Etats-Unis, ce mouvement a déjà une belle ampleur et les clients s'arrachent ces tirages de prestige. |
| Héliogravure de fin
19ème Imprimé par GOUPIL ![]() |
Historique C'est vers 1825 que NIEPCE réalise une première eau-forte photographique (le Cardinal d'Amboise) en se servant du bitume de judée comme substance photo-sensible. Il s'agissait en fait de la recopie d'un dessin au trait.Vers 1840, FIZEAU, utilisant un daguerréotype, réussit la véritable première gravure héliographique, grâce à une attaque du support d'argent à l'aide d'acide, les blancs de l'image étant protégés par une couche d'or. Mais à la mort d'HURLIMANN, le graveur qui travaillait avec lui, il abandonna le procédé. Reprise vers 1850 par d'éminents techniciens comme NEGRE, POITEVIN et FOX TALBOT, l'héliogravure fut un des premiers procédés de reproduction photographique à atteindre une fidélité et une finesse qui lui valurent dès cette époque beaucoup de succès. C'est vers 1878 qu'un imprimeur viennois, KLIC, tirant parti des divers travaux de ses prédécesseurs aboutira à un procédé réellement industriel, quoique délicat à mettre en uvre. Sur cette lancée, STIEGLITZ, aux Etats-Unis, va reprendre ce procédé de reproduction pour son célèbre CAMERA WORK, référence de l'édition photographique (1903-1917). C'est sans doute l'âge d'or de l'héliogravure au grain. Les grands photographes américains la considéraient encore comme le seul procédé noble : inaltérable, le tirage rendait à la perfection toutes les subtilités de leurs prestigieux négatifs. Tombées dans l'oubli à l'avènement de procédés argentiques plus rapides et moins coûteux, les techniques de l'héliogravure au grain furent malheureusement tenues soigneusement confidentielles et Paul STRAND fut un des derniers adeptes du tirage par héliogravure (1930-1938). Aussi aujourd'hui, l'héliogravure au grain tirée à la presse taille-douce n'est-elle pratiquement plus utilisée. Ils sont rares, en Europe, les fanatiques qui persévèrent dans cet art difficile. |
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Principales étapes techniques |
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| Surface sensible : le papier
gélatiné La gélatine est coulée sur un papier qui lui servira de support provisoire. Elle est rendu sensible à la lumière par immersion dans un bain de bichromate de potassium, suivie d'un séchage complet. |
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Insolation sous lumière
ultraviolette L'action de la lumière UV durcit la gélatine proportionnellement à l'exposition reçue : à une partie claire du film correspond une couche épaisse de gélatine durcie et vice et versa. |
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Transfert du papier
gélatiné sur la planche La planche est préalablement grainée. Le papier gélatiné est alors plaqué, humide, gélatine contre planche. |
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Dépouillement Cet ensemble est ensuite immergé dans de l'eau à 40·C. La gélatine non insolée fond puis le support papier se détache. Après agitation, on voit apparaître sur la planche la gélatine durcie reproduisant le négatif du cliché: les zones claires (faible couche de gélatine) correspondent aux parties foncées du cliché et vice et versa. La plaque maintenant gélatinée est séchée à l'air libre. |
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Attaque C'est ici que l'on rejoint le procédé classique de l'aquatinte d'où la dénomination de photo-aquatinte donnée quelquefois au procédé. On immerge la planche dans une cuvette contenant du perchlorure de fer. On suit à l'il la progression de l'attaque en surveillant le noircissement ; quand celui-ci ralentit, on change alors le mordant par un mordant moins dense (plus dilué) qui procurera une attaque moins profonde mais se propagera vers les parties denses de la gélatine. La maîtrise parfaite de l'attaque et de sa propagation conditionne la réussite de la plaque : ce sont de longues heures d'expérimentation et de pratique qui sont nécessaires pour acquérir cette technique. |
| Encrage, essuyage et impression Ces opérations sont menées comme pour une classique aquatinte, mais, pour obtenir une image bien détaillée, il faut une forte pression. Un tirage en nombre nécessite l'aciérage de la planche : au-delà d'une vingtaine de tirages, la planche non-aciérée se dégrade et fournit des tirages de moins en moins satisfaisants. |
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Roches (héliogravure de
l'auteur) |
L'héliogravure au grain aujourd'huiPar le passé, de nombreux artistes ont eu recours à ce procédé pour transférer sur la planche des dessins, lavis, photographies etc... destinés à être ensuite retravaillés par le graveur. Aujourd'hui, dû aux trop petit nombre d'experts dans ce beau procédé, de telles démarches se font rares. Cependant, un certain mouvement est en train de renaître, en particulier aux Etats-Unis où, dans la démarche de l'artiste, l'implication des techniques photographiques a toujours été très forte : des héliogravures de 1M² s'y fabriquent couramment !En France, Pierre BROCHET produit de très belles héliogravures au grain (on peut en particulier admirer à la BN, faites par lui, des reproductions extraordinaires d'aquatintes couleur de Mary CASSATT). L'atelier TANGUY GARRIC lui aussi porte très haut les couleurs de la France en exportant sa technique jusqu'en Corée. Pour ma part... modeste (car je n'ai pas l'expérience des précédents), je collabore volontiers avec des graveurs et des photographes. Article de Jean-Daniel LEMOINE |
HAYTER, ARTISTE- |
Il nexiste pas
une méthode Hayter. Nous venions dappeler Hector Saunier, un
des collaborateurs les plus fidèles et les plus proches de Stanley
William HAYTER (1901-1988) pour prendre un rendez-vous afin de récolter
les élements dun article pour la Joop Stoop Tribune. Avec cette
introduction notre interlocuteur nous a intrigués déjà
avant linterview dont, par ailleurs nous lui sommes très
reconnaissants. HAYTER, Anglais et chimiste de sa profession, sinstalle en 1926 à Paris pour y devenir un des alchimistes les plus acharnés de la gravure. Ses recherches commencent dès 1927 - il vient de créer lAtelier 17 qui deviendra un des lieux de création si fertiles dont Paris a été pendant longtemps le pôle. Hayter aspire à réduire le nombre de passes à la presse à une seule pour obtenir son épreuve finale, tout en exprimant ce quon réalise généralement avec plusieures plaques et/ou plusieurs passages. Pour y arriver il dévie sciemment des méthodes orthodoxes, il expérimente, senrichit en échangeant avec de nombreux artistes de son époque, parmi lesquels beaucoup de célébrités. Ainsi, à côté de lencrage à la poupée il expérimente pour obtenir ses effets avec des rouleaux de différentes matières, de différents gabarits, si possible couvrant toute la largeur dune plaque dun seul coup, exploite volontiers des imperfections comme de la gelatine trouée ou déformée et qui manque drôlement de précision. Ses rouleaux sont tantôt durs tantôt mous, présentent parfois des reliefs. Il joue avec la quantité dhuile quil ajoute à ses encres, pour provoquer des rejets Il finit par appliquer plusieures couleurs à la fois sur la même plaque, obtient des moirés incomparables. En un mot: il se permet des libertés qui deviennent limage de marque de son travail. Limpression elle-même devient un acte de création au lieu de faire partie du domaine de la reproduction. On ne sétonne pas que les imprimeurs professionnels nen rafollent pas: il est quasiment impossible de passer un bon à imprimer à un atelier de reproduction pour faire réaliser des séries. Pourtant, les tirages nont rien du monotype. La répétition est parfaitement possible, une fois que lartiste est satisfait de son prototype. Dailleurs, on imprime la même plaque: même si lon a recours à des astuces tels que des filets, cordages ou un masking lors de lencrage, qui risquent de produire des résultats légèrement variés: ce serait une erreur de parler de monoprint. Seulement on couvre des parties dune plaque avec des masques en kraft ou plastique au courant de la procédure des encrages successifs. Arrivés là nous avons bien compris quen effet il ny a pas une méthode Hayter. Il sagit dune combinaison infinie des résultats des recherches. Hayter naimait pas linvention, leffet facile, fortuit. On peut dire que lévolution au courant de la longue période que Hayter a consacré à son art a été lente et constante (plus de 60 ans si lon considère que lintermezzo américain imposé par la guerre entre 1939 et 1948 à New York a certainement contribué à la richesse et la variété des expériences avec dautres artistes et dautres vues sur lexpression artistique, telle que labstrait américain). Ce nest quen 1946 quil se décide à la superposition des couleurs sur la même plaque. A latelier 17, et après la disparition de Hayter en 1988, à lAtelier Contrepoint, on nenseigne pas: on apprend des autres, de ses propres expériences en mettant la main à la pâte, en cherchant à perfectionner les effets désirés. Après 1988 Juan VALLADARES et Hector SAUNIER reprennent, riches des longues années de collaboration avec ce rebelle de la gravure, lAtelier quils rebaptisent en Contrepoint. Rarement un nom a été plus heureusement choisi pour un atelier. Cest la musique, entre autres celle de J.S. Bach, qui révèle une ressemblance étonnante avec la façon de travailler que nous découvrons: transformation du point de départ, superposition des éléments mélodiques pour arriver à des effets plus forts et intriguants (ce qui était le caractère de la polyphonie). Nous sommes convaincus que les recherches de Hayter et de ses collaborateurs ont ajouté une dimension essentielle aux richesses dexpression que nous offraient déjà la taiile-douce et la taille dépargne, entre autres en combinant les deux. Atelier Contrepoint |